CanREA salue la publication de la North American Renewable Integration Study

Selon la plus vaste étude du genre au monde, d’ici à 2050, 90 % à 95 % de la nouvelle électricité injectée sur le réseau du Canada et des États-Unis pourrait provenir du solaire et de l’éolien.

Ottawa, le 28 juin 2021. – CanREA salue la publication de la North American Renewable Integration Study (NARIS), l’étude analysant l’évolution à long terme du réseau électrique nord-américain la plus détaillée à ce jour.

Faisant ressortir certaines des données les plus fiables dont nous disposons actuellement, l’étude montre qu’au Canada et aux États-Unis, d’ici à 2050, la nouvelle électricité injectée sur le réseau pourrait provenir majoritairement – à 90 % à 95 % – du solaire et de l’éolien.

Il s’agirait de la voie la moins coûteuse pour mener à une décarbonisation et un développement considérables du réseau électrique sans en compromettre la fiabilité.

Fruit d’une collaboration entre Ressources naturelles Canada (RNCan), le United States Department of Energy (DOE) et la Secretaría de Energía de México (SENER), l’étude NARIS vise à informer les planificateurs, les services publics, l’industrie, les décideurs et les autres parties prenantes du réseau en Amérique du Nord sur les scénarios possibles d’intégration de l’énergie renouvelable sur le continent ainsi que des perspectives nationales.

L’étude (accessible ici), qui consiste en une série de modélisations de dizaines de scénarios prospectifs à l’échelle du continent, montre plusieurs trajectoires d’évolution du réseau jusqu’en 2050.

Le National Renewable Energy Laboratory (NREL) a utilisé un superordinateur pour étudier quatre scénarios possibles et 38 autres scénarios de sensibilité pour la transition vers un réseau sobre en carbone, transition qui impliquerait une réduction de 80 % des émissions dans le réseau électrique continental. Pour le Canada, cela se traduirait par une réduction de 80 % à 92 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2050.

Dans chacun des scénarios, le NREL a modélisé le transport d’électricité, la demande et la contribution des technologies de production d’énergie, y compris les répercussions potentielles sur les coûts, les émissions et l’efficacité du réseau, en tenant compte de variables concernant les politiques, l’économie et le taux d’adoption du public.

L’étude a déterminé quelle combinaison de variables donnait le meilleur résultat possible, soit le moins d’émissions de carbone en 2050 au plus bas prix. Certains de ces scénarios impliquaient que la production d’électricité double pour permettre de réduire les émissions provenant du transport et du chauffage.

L’étude a aussi examiné la possibilité d’une coopération interrégionale et entre le Canada, le Mexique et les États-Unis, où le transport d’électricité pourrait permettre le partage de l’approvisionnement et une diversification de la demande. À cet égard, elle a conclu qu’une meilleure coordination entre les régions du Canada – de nouvelles lignes de transmission – pourrait faire diminuer considérablement les émissions au plus bas prix possible.

Principales conclusions pour le Canada

  • De 90 % à 95 % de la NOUVELLE électricité produite au Canada d’ici 2050 proviendra de sources éoliennes et solaires.
  • Le secteur de l’énergie renouvelable (hydroélectricité, éolien et solaire) fournit annuellement de 90 % à 95 % de TOUTE l’électricité du réseau dans l’ensemble des scénarios et sa contribution augmente en fonction du resserrement des exigences de réduction des émissions et de l’intensification de l’électrification.
  • 93 % et plus : C’est le pourcentage de décarbonisation de la production d’électricité qu’il est possible d’atteindre au Canada d’ici 2050 en suivant de multiples trajectoires.
  • Fiabilité : Le futur réseau sobre en carbone sera en mesure d’équilibrer l’offre et la demande dans un vaste éventail de conditions, tirant parti de l’éolien et du solaire pour planifier les réserves. Dans un modèle à résolution temporelle de cinq minutes, la flexibilité opérationnelle passe par une utilisation flexible de tous les types de production.
  • Une puissance éolienne installée de 78 à 150 GW en 2050. Selon les projections, la puissance éolienne serait entre 78 GW (dans le scénario de production à faible coût) et 150 GW (dans le scénario d’électrification), ce qui nécessite une puissance éolienne de cinq à dix fois supérieure à l’estimation de 15 GW d’ici 2024 – un chiffre qui, nous le savons, sera dépassé en 2022.
  • Une puissance solaire installée de 34 à 51 GW en 2050. Selon les projections, la puissance solaire passera d’une valeur admise de 2 GW (déjà dépassée) à, en 2050, une valeur de 34 GW dans le scénario de production à faible coût ou de 51 GW dans le scénario d’électrification, ce qui nécessite une capacité solaire de 10 à 18 supérieure.
  • De ce nombre, de 7 à 32 GW proviendront de panneaux solaires de toiture, selon les hypothèses de coûts et de retour sur l’investissement des divers scénarios.
  • 14 GW de stockage d’énergie pourraient être déployés au Canada d’ici 2050 grâce aux innovations technologiques engendrées par les trajectoires de coûts dans l’éolien, le solaire et le stockage d’énergie.
  • 200 milliards de dollars américains : C’est la somme que permettra de dégager la coopération régionale et internationale en avantages nets pour le réseau d’ici 2050.

Il y a plus…

Il faut préciser que les données de base utilisées dans le cadre de ce vaste exercice de modélisation ont été obtenues à la fin de 2018, moment où l’étude a été commandée, et que d’importants changements se sont produits depuis.

  • Par exemple, le Canada et les États-Unis ont fixé des cibles de réduction des émissions nettement plus ambitieuses que celles utilisées dans les calculs de l’étude, que nous présentons dans le communiqué suivant. Les deux pays s’engagent maintenant à atteindre la carboneutralité d’ici 2050 : les États-Unis indiquent vouloir décarboniser leur réseau électrique d’ici 2035 et le Canada veut lui emboîter le pas avant 2050. Ces nouvelles promesses vont au-delà du scénario qui visait une réduction de 92 % des émissions de GES dans le secteur de l’électricité d’ici 2050.
  • De plus, depuis 2018, les coûts de l’éolien, du solaire et du stockage d’énergie ont chuté, comme nous l’expliquons dans notre billet de blogue
  • L’étude a également adopté un point de vue conservateur pour examiner l’électrification, qui est généralement considérée comme un pilier des stratégies du Canada visant la carboneutralité d’ici 2050.

Ces observations n’en font pas moins une étude novatrice, exhaustive et fondamentale, dont les résultats ouvrent de nombreuses pistes intéressantes à explorer pour le secteur de l’électricité.

Prochaines étapes pour CanREA

Bien que le modèle de l’étude NARIS n’ait ni inclus ni proposé de changements du marché de l’électricité ou des cadres réglementaires, CanREA juge que la concrétisation des meilleurs scénarios de l’étude passe par d’importantes réformes :

  1. Pour atteindre la carboneutralité d’ici 2050, le Canada doit entièrement décarboniser et développer massivement sa production d’électricité.
  2. L’étude NARIS est sans équivoque : la façon la plus rentable de décarboniser et de développer le réseau électrique du Canada sans compromettre sa fiabilité est d’augmenter massivement la production d’énergies éolienne et solaire tout en investissant dans une nouvelle infrastructure de transport d’énergie qui permettrait à tous d’utiliser ces ressources le plus efficacement possible.
  3. Les gouvernements fédéral et provinciaux du Canada doivent travailler ensemble à la décarbonisation du réseau électrique d’ici 2035 tout en reconnaissant le besoin potentiel de mécanismes de flexibilité limitée permettant la réalisation d’un tel objectif. Ils doivent également élaborer des stratégies complètes d’électrification et permettre l’investissement dans la distribution, le stockage d’énergie, les technologies de réseaux intelligents et une nouvelle infrastructure de transport d’énergie pour qu’il soit possible d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050.

Dans l’avenir, CanREA continuera de promouvoir ces changements dans les régions clés du pays, et défendra les réformes nécessaires en matière de politiques, de règlements et de marché pour le développement et la décarbonisation du réseau électrique.